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Voyager et habiter le monde autrement

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Voyager et habiter le monde autrement

Que faire de sa maison avant de partir ailleurs?

Partir vivre ailleurs, c’est souvent présenté comme une aventure excitante : choisir une destination, préparer ses valises, trouver un logement au soleil et expliquer à tout le monde qu’on ne fuit pas l’hiver… on explore de nouvelles possibilités.

Mais pendant qu’on pense au billet d’avion, à l’assurance voyage et à ce qu’on réussira à faire entrer dans trois valises, une question beaucoup moins exotique attend tranquillement dans le salon :

Qu’est-ce qu’on fait de la maison?

On la vend? On la loue? On la conserve vide? On demande au beau-frère de passer une fois de temps en temps et on espère qu’il se souviendra aussi de vérifier le sous-sol?

La décision n’est pas seulement financière. Elle touche aussi la sécurité, les assurances, les impôts, le retour éventuel au Québec et la liberté que l’on souhaite avoir une fois à l’étranger.

Il n’existe pas une seule bonne réponse

La meilleure décision dépend d’abord de la nature du projet.

Partir trois mois, vivre six mois par année ailleurs, tester un pays pendant un an ou quitter définitivement le Québec ne sont pas quatre versions du même projet. Ce sont quatre réalités complètement différentes.

Une personne qui part temporairement peut vouloir conserver son point d’ancrage. Une autre peut avoir besoin de vendre pour financer son installation. Une troisième pourrait louer sa maison afin de conserver son actif tout en générant un revenu.

Le danger, c’est de prendre une décision définitive alors que le projet, lui, ne l’est pas encore.

Vendre sa maison avant même de savoir si l’on aime vraiment vivre à l’étranger peut créer beaucoup de pression. Mais conserver une propriété coûteuse que l’on n’utilise plus peut aussi transformer le rêve en obligation financière à distance.

Le soleil est agréable. Gérer un dégât d’eau par téléphone depuis un autre pays l’est beaucoup moins.

(ici c'est un cas vécue!)

Option 1 : conserver sa maison comme résidence principale

Certaines personnes choisissent de conserver leur maison parce qu’elles prévoient revenir régulièrement au Québec ou parce qu’elles veulent tester leur nouvelle vie avant de couper définitivement les liens.

Cette option offre une certaine sécurité psychologique. On sait que l’on a encore un endroit où revenir. Cela peut être particulièrement rassurant lors d’un premier long séjour à l’étranger.

Mais une maison vide continue de coûter de l’argent.

Il faut prévoir les paiements hypothécaires, les taxes municipales et scolaires, l’électricité, l’entretien, le déneigement, la surveillance et les réparations imprévues.

  • une maison n’arrête pas d’avoir des besoins simplement parce que son propriétaire est maintenant en sandales!

Il faut également vérifier les conditions de son contrat d’assurance habitation. Une absence prolongée peut modifier la couverture. Certains assureurs exigent des visites régulières, la fermeture de l’eau, le maintien du chauffage ou d’autres mesures précises.

Il ne faut jamais présumer qu’une maison vide demeure automatiquement assurée de la même manière.

Option 2 : louer sa maison

Louer peut sembler être le meilleur des deux mondes : conserver sa propriété tout en recevant un revenu.

Sur papier, c’est séduisant.

Dans la réalité, il faut se demander si l’on veut réellement devenir propriétaire locateur à distance.

Qui répondra lorsqu’un appareil cessera de fonctionner? Qui se déplacera pour une urgence? Qui vérifiera l’état de la propriété? Qui gérera les retards de paiement, les réparations ou les conflits?

Un gestionnaire immobilier peut s’occuper de plusieurs de ces responsabilités, mais ses services ont un coût. Il faut donc calculer le revenu net réel, et non seulement le montant du loyer.

Il faut également se renseigner sur les obligations légales, fiscales et administratives liées à la location. La maison que l’on occupait personnellement devient alors une source de revenus, avec toutes les conséquences que cela peut entraîner.

Louer sa maison peut être une bonne stratégie. Mais ce n’est pas un revenu complètement passif. Quelqu’un doit toujours s’occuper du logement, même si ce quelqu’un n’est plus vous.

Option 3 : vendre avant le départ

Vendre permet de libérer du capital, de réduire ses obligations et de partir sans avoir une propriété à gérer derrière soi.

Pour une personne qui souhaite s’établir durablement à l’étranger, cette option peut offrir beaucoup de liberté.

Mais il ne faut pas vendre uniquement parce que l’on est enthousiaste à l’idée de partir.

Avant de mettre la maison sur le marché, il faut se demander si le projet est suffisamment avancé. Le pays a-t-il été testé? Le statut migratoire est-il réaliste? Le budget est-il solide? La personne connaît-elle réellement le coût de la vie, les soins de santé, le logement et les contraintes du quotidien?

Une maison peut se vendre rapidement. En racheter une au Québec quelques années plus tard peut être beaucoup plus difficile, particulièrement si le marché ou la situation financière a changé.

Vendre est parfois la meilleure décision. Mais elle devrait être prise comme une stratégie, pas comme un geste d’enthousiasme entre l’achat du billet d’avion et celui d’une nouvelle valise.

Option 4 : faire une transition progressive

Pour plusieurs personnes, la solution la plus prudente consiste à ne pas décider tout de suite.

Elles conservent leur maison pendant une première période, testent leur destination et observent comment elles vivent réellement l’éloignement.

Après six mois ou un an, elles sont généralement beaucoup mieux placées pour décider.

Elles savent alors si elles veulent revenir fréquemment au Québec, si elles se sentent réellement chez elles dans le nouveau pays, si leur budget fonctionne et si le projet est durable.

Cette période de transition coûte parfois plus cher à court terme. Mais elle peut éviter une décision irréversible prise trop rapidement.

Dans un projet d’expatriation, avancer lentement n’est pas toujours un signe d’hésitation.

  • c’est souvent une preuve de lucidité.

Les questions financières à régler avant de choisir

Avant de décider, il faut comparer les scénarios avec de vrais chiffres.

Combien coûte la maison chaque mois lorsqu’elle est vide? Quel serait le revenu net si elle était louée? Quel montant resterait après une vente, une fois l’hypothèque, les frais et les dépenses payés? Ce capital sera-t-il nécessaire pour vivre à l’étranger ou acheter une propriété ailleurs?

Il faut aussi penser à la devise, aux transferts d’argent, aux impôts et à la sécurité financière à long terme.

Vendre une maison pour financer un projet à l’étranger peut être logique. Utiliser tout son capital immédiatement pour acheter une propriété dans un pays que l’on connaît encore peu l’est beaucoup moins.

Une résidence principale n’est pas seulement une maison. C’est souvent une grande partie du patrimoine d’une personne.

Il faut aussi penser au retour

Même lorsqu’on souhaite partir longtemps, il est important de réfléchir à un éventuel retour au Québec.

Un retour peut être volontaire, mais il peut aussi être provoqué par un problème de santé, une séparation, une difficulté familiale, un changement financier ou simplement une déception face au pays choisi.

Avoir conservé sa maison peut faciliter le retour. Mais avoir vendu peut aussi permettre de revenir avec des liquidités et de choisir une nouvelle région ou un logement mieux adapté.

La vraie question n’est donc pas seulement : « Est-ce que je veux garder ma maison? »

C’est plutôt :

Quelle option me laisse assez de liberté si mon projet change?

Ne pas oublier l’entretien et la sécurité

Si la maison demeure vide, il faut organiser une véritable surveillance.

Une personne de confiance devrait pouvoir entrer, vérifier le chauffage, observer les signes d’infiltration, vider le courrier, déplacer un véhicule au besoin et réagir rapidement en cas de problème.

Il faut aussi penser aux détecteurs, aux systèmes d’alarme, aux caméras, au déneigement, à l’entretien extérieur et à la plomberie.

Une maison qui semble abandonnée peut attirer l’attention. Une entrée qui n’est jamais déneigée en janvier annonce assez clairement que les propriétaires ne sont pas partis chercher du lait.

La discrétion sur les réseaux sociaux est également importante. Publier chaque journée de son séjour à l’étranger tout en laissant sa maison vide peut transmettre beaucoup plus d’information qu’on le croit.

La maison familiale peut devenir un poids émotionnel

Certaines personnes conservent leur maison parce qu’elles y sont profondément attachées.

C’est compréhensible....

Mais il faut distinguer l’attachement réel de la peur de décider.

Une maison peut représenter des années de travail, des souvenirs, une sécurité et une identité. La vendre peut donner l’impression de fermer une porte définitivement.

Cependant, conserver une propriété uniquement par culpabilité ou par peur peut aussi empêcher de vivre pleinement son projet.

Il n’est pas nécessaire de mépriser sa vie actuelle pour vouloir en construire une autre. Et vendre une maison ne signifie pas effacer tout ce qui y a été vécu.

Cela signifie parfois simplement que cette maison a terminé son travail dans votre vie.

Alors, faut-il vendre, louer ou conserver?

Il faut conserver la maison lorsque l’on souhaite garder un point d’ancrage et que l’on a les moyens de l’entretenir correctement.

Il faut envisager la location lorsque le revenu net est intéressant, que l’on accepte les responsabilités de propriétaire et que l’on dispose d’une gestion fiable.

Il faut considérer la vente lorsque le projet d’expatriation est solide, que l’on veut réduire ses obligations ou que le capital est nécessaire pour la suite.

Et il faut choisir une transition progressive lorsque l’on n’est pas encore certain.

La meilleure décision n’est pas celle qui semble la plus audacieuse.

  • c’est celle qui protège à la fois votre projet, votre patrimoine et votre liberté.

Partir vivre ailleurs ne commence donc pas uniquement par choisir un pays. Cela commence aussi par décider ce que l’on laisse derrière soi… et dans quel état on souhaite le retrouver.

Parce qu’un ailleurs, ça se rêve… mais surtout, ça se vérifie.

Note de votre blogueuse:

Cette article me touche directement moi...

Ma maison est celle ou je vis depuis 2009, celle que j'ai rénovée avec mon papa qui aujourd'hui est décédé. Croyez moi; l'émotionnel (que je trouve irrationnel), je le ressent et je me trouve "nu-nuche" car je suis courtier!

Moi plus que tout autre, je devrais passer à l'étape suivante rapidement.

Mais derrière la profession il y a une femme...

Le cheminement ne se fais pas à la même vitesse pour chacun (en excluant les gens en fuites là)

Judith B.

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